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www.orus-int.org
Mai 2007
www.china-europa-forum.net
CONTENUS DE CETTE ÉDITION
1) Editorial
2) Entretien avec Cristovam Buarque
3) "L’universite Du 21eme Siecle:
      Pour Un Nouveau Contrat Avec
      La Societe", par Pierre Calame
4) Activités d' Orus Int.
Un nouvel élan

Un nouvel élan !
C’est le souhait de
l’Observatoire des
Réformes Universitaires – ORUS INT – qui a tout récemment fêté ces cinq ans d’existence. Nous avons voulu, à cette occasion, vous proposer un autre mode d’échange : la publication de la revue d’ORUS. Cette forme de dialogue que nous voulions plus dynamique et plus régulière, devait répondre à un certain nombre de contraintes, notamment d’avoir une équipe rédactionnelle. Nous n’avons pu surmonter cet ambitieux défi.

Réforme de l’enseignement supérieur en Europe : coopération pour une meilleure prise en compte de l’étudiant
Qualité de l’enseignement supérieur : les avancées pour la région Asie - Pacifique
Quelle place pour la formation tout au long de la vie dans l’enseignement supérieur européen ?

Nous vous proposons désormais une nouvelle formule plus réaliste: la Newsletter-ORUS, dont nous souhaitons qu’elle ait une plus grande régularité. L’objectif de cette Newsletter-ORUS est de vous informer de nos activités sous une autre forme, plus directe et plus réactive, axée sur les activités les plus récentes de notre réseau. L’autre objectif auquel nous tenons, c’est de donner une priorité aux débats d’idée. Nous ferons en sorte que des thèmes de discussions soient rapidement mis en ligne, notamment les textes issus de nos activités de veille scientifique - conférence, mission, études, etc. Bien entendu, ces documents ne font pas l’objet d’un travail d’édition particulier et restent sous la responsabilité des auteurs.

Nous rappelons qu‘aujourd’hui la mission d’ORUS est triple : anticiper les sujets relatifs aux évolutions dans le champ de l’université ; éclairer les décisions publiques, en particulier la stratégie mondiale des acteurs ; offrir un espace de dialogue ouvert à toutes les catégories d’acteurs et à toutes les nations pour discuter des enjeux de la réforme de l’université dans sa dimension internationale

C’est dans cet esprit que nous avons organisé, le 8-9 mars un séminaire international autour du thème : L’université en questions. Ce séminaire réalisé à Paris, a eu pour objectif de se pencher sur l’approche qualitative de la réforme de l’université. Nous pensons qu’aucune réforme réelle et profonde de l’université ne peut avoir lieu si la dimension qualitative n’est pas prise en compte. Purement quantitative, une réforme est une réforme mutilée car elle répond seulement à une vision unique ou unidimensionnelle des enjeux de l’université dans la société de demain.

Dans cette nouvelle formule, nous vous proposons trois rubriques : un entretien avec une personnalité de premier plan, un débat d’idée et l’état d’une expérience de changement en cours.

La rédaction

Entretien avec Cristovam Buarque

buarque1.jpg (3694 bytes)Qu'est-ce que cela signifie pour vous de participer au séminaire d'ORUS ?
Avoir l'opportunité de débattre avec des experts sur le rôle de l'Université, débat fondamental pour le futur de celle-ci. Plus particulièrement, pouvoir discuter avec des chercheurs qui ne sont pas représentatifs de l'Université, c'est-à-dire libérés du lien corporatif.

Quelle perception avez vous de la démarche pratique d'ORUS en terme de réflexion et de diffusion des expériences sur les réformes universitaires, prenant en compte les réalités locales dans ses dimensions culturelles, politiques et sociales ?
ORUS rassemble à la fois la liberté de la pensée radicale, les compétences de ses dirigeants et la libre-pensée, libérés du lien corporatif. Par ailleurs, l'influence des réflexions d'Edgar Morin permet de saisir les limites des disciplines et penser l'enseignement supérieur dans sa dimension globale, pluridisciplinaire.

ORUS : De quelle manière la réflexion d'ORUS peut être utile pour les Institutions brésiliennes pour répondre aux défis auxquels les universités sont confrontées dans le Brésil actuel ?
ORUS aide à penser l'Université dans le Monde entier. Mais au vu de la diversité des civilisations contemporaines, il existe des difficultés pour penser une Institution si différente d'un pays à l'autre du fait des inégalités existantes. Une des particularités du Brésil est d'être un modèle de civilisation, pris entre modernités et retards à l'intérieur de ses frontières, écarts représentatifs des inégalités au niveau mondial. Par conséquent, ce que nous pensons pour les universités brésiliennes peut servir à penser l'Université d'une manière plus adaptée à l'échelle mondiale, et à ne plus penser en terme d'universités riches ou pauvres. La diversité sociale, scientifique et technologique dans le Monde se répète au Brésil dans la diversité des problèmes, des contradictions et de potentiel à l'unité mondiale.

Quelle est aujourd'hui votre vision de l'Université et quels sont, selon vous, les principaux défis ?
L'université traverse aujourd'hui une crise par laquelle sont passés les couvents lors de la période de pré-renaissance de la pensée classique en Europe Occidentale. Les couvents n'étant pas capables d'absorber la révolution aristotélicienne, platonique et socratique, l'Université a surgi afin de faire avancer la révolution intellectuelle. Aujourd'hui, la pensée fait face à un changement radical et apparemment, l'Université n'est plus capable d'accompagner les progrès de la connaissance à la même vitesse qu'elle avance au sein de la société. Le défi de l'Université est d'évoluer au rythme de la progression de la pensée dans le Monde.

Quelle est, selon vous, la mission de l'Université face à la construction d'une conscience planétaire ?
D'abord, il s'agit de redéfinir les utopies nécessaires pour le Monde en remplaçant les dimensions économiques par des dimensions civilisatrices, mettant en perspective pas uniquement l'économie mais le « développement » et le « socialisme ». Cette utopie peut être une unité civilisatrice dans un immense réseau d'êtres humains tous connectés tant dans l'accès aux moyens d'information comme dans la capacité de dialogue entre eux. Cette utopie désirée pourra seulement être réalisée au travers d'une révolution de l'Education à tous les niveaux. Les auteurs de cette révolution ne seront pas les usines comme pendant le socialisme. Ce seront les universités ou d'autres institutions de création (production) post-universitaire.


Cristovam Buarque est Sénateur de la république du Brésil, ancien ministre de l'éducation du premier gouvernement de Lula.

"L’universite Du 21eme Siecle : Pour Un Nouveau Contrat Avec La Societe", par Pierre Calame

calame.jpg (3162 bytes)Un nouveau contrat social entre l'Université et la société est nécessaire en ce début de 21ème siècle pour mettre les futures élites en situation de relever les gigantesques défis qui seront ceux de l'humanité à l'orée de ce nouveau siècle.

Contexte:

L'humanité est confrontée à des mutations décisives. L'université, en raison même de l'enjeu que représente la formation des cadres de la société de demain, a une responsabilité considérable vis-à-vis de ces mutations. Or, les universités sont de grands systèmes en évolution lente ; l'Université actuelle est l'héritière d'un modèle mis au point il y a deux siècles. D'où l'importance d'un effort institutionnel pour faire émerger un nouveau modèle, celui de l'université du 21ème siècle.

Enoncé :

1. La prospective de l'université : adaptation à la « société à venir » ou engagement dans une société à faire advenir ?

2. L'université actuelle : héritière de celle du 19ème siècle (liens avec l'Etat et avec le développement des sciences et des techniques), entraînée à la fin du 20ème siècle par des liens de plus en plus étroits avec les besoins à court terme de l'économie, par la logique des entreprises et par la reproduction d'un modèle managérial issu de l'entreprise

3. L'université actuelle participe directement aux crises de nos sociétés ; sa crise rappelle celle de la gouvernance et de l'Etat : approche cloisonnée et verticale des problèmes, difficulté à entrer en partenariat authentique avec le reste de la société

4. Comme la science, l'Université repose sur un contrat, explicite ou implicite avec la société. Ce contrat social doit être aujourd'hui refondé, à partir d'une éthique commune de la responsabilité et à partir des défis que doit relever l'humanité et à partir des mutations à conduire au cours des prochaines décennies.

5. Dans université, il y a « communauté ». L'université du 21ème siècle doit être attentive à l'universel mais pas sous la forme d'une vérité assénée partout et souvent hors contexte, plutôt sous la forme d'une contribution à la construction d'une communauté mondiale.

6. La transformation des grandes institutions, comme l'université, est très lente. La stratégie de changement doit reposer sur une vision d'avenir très claire et être conduite avec persévérance. Les impulsions politiques doivent venir du plus haut niveau mais il faut aussi s'appuyer sur les « chercheurs de sens » et les aider à relier leurs institutions.


Pierre Calame, est directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme.

Pour plus d'informations, veuillez consulter l' exposé de la conférence internationale de Brasilia « Université du 21ème siècle » par M. Pierre Calame, disponible dans le site web de ORUS http://www.orus-int.org

Activités d' Orus Int.

Un des partenaires d'ORUS en Amérique Latine est l'Institut Universitaire CLAEH de Montevideo en Uruguay . La coopération d'ORUS avec l'Institut vise à renforcer l'approche universitaire humaniste, à construire des modèles de gestion universitaires cohérents avec ce mode de pensée et à apporter une expérience utile dans le débat international sur les références universitaires promus par le réseau ORUS.

Ce partenariat vise aussi à élaborer un cadre référentiel pour constituer une base épistémologique et théorique sur la mission de l'Université dans nos sociétés et en particulier en ce qui concerne l'Institut universitaire CLAEH, tant au niveau national qu'international. Pour atteindre ces objectifs, ORUS soutient l'Institut dans le développement d'activités visant la promotion de la réflexion et de débats sur divers aspects de la vie universitaire autour de thèmes tels que l'éthique, la pertinence théorique et sociale de la connaissance, la qualité de ses productions et l'efficacité dans la gestion universitaire. Ce partenariat a permis de systématiser le processus de renforcement et de transformation institutionnelle à travers des registres d'analyse qui valorisent la propre expérience de l'Institut et qui s'inspirent de la base de données d'ORUS.

Parmi les activités réalisées, il est important de mentionner l'élaboration d'un document sur le contexte actuel du débat concernant les transformations universitaires comme composante descriptive sur la situation et la projection de l'Institut d'études universitaires ainsi qu'une approche méthodologique sur les étapes à être appliquées au sein du projet et dans son évaluation. Le projet a permis aussi la sensibilisation et l'implication de quelques organisations qui interviennent dans ce domaine telles que l'Organisations des Etats Américains, l'Organisation des Etats Ibéro-américains pour la Science, l'Education et la Culture, l'UNESCO, etc. Par ailleurs, on peut noter une forte implication dans le domaine de la formation universitaire à travers :


A. Un cycle d'ateliers sur divers thèmes tels que :

• Un atelier sur la prospective universitaire animé par le Professeur Elimar Nascimento (Université de Brasilia, ORUS-INT), les 25 et 26 Juillet 2006.

• Un atelier sur « l'Education supérieure et la Société de la Connaissance » animé par la Dr. Monica Luque (OEA), les 6 et 7 septembre 2006.

• Un atelier sur la « Coopération internationale universitaire » animé par Gabriela Siufi, le 1er novembre 2006.

• Un atelier sur la « Gestion de la qualité éducative » animé par Ricardo Chiesa et Alfredo Minchilli, le 28 novembre 2006, les 5 et 8 décembre 2006 et le 5 mars 2007.


B. Des réunions et des débats internes sur les résultats des ateliers.


C. L'élaboration de stratégies et la conception de plans de transformation institutionnelle.


D. La constitution d'équipes de travail sur les thèmes identifiés dans les ateliers et nécessaires pour la projection stratégique de l'Institut universitaire CLAEH :

• L'état de l'Education supérieure en Uruguay (chiffres et tendances).

• L'internationalisation de l'Education supérieure (conditions, besoins, opportunités et difficultés).

• La contribution à l'implantation institutionnelle d'un département de Coopération internationale.

• La méthodologie d'identification et de résolution des opportunités en matière d'amélioration de gestion.


E. Un cycle de conférences ouvert à la communauté académique et aux intervenants sociaux et politiques :

• Prospective de l'Education supérieure à partir d'une vision globale d'ici à 2025.

• Education supérieure et Société de la connaissance, Monica Luque, le 7 septembre 2006.

Pour plus d'informations, veuillez consulter: http://www.claeh.org.uy

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