Nous rappelons qu‘aujourd’hui la mission d’ORUS est triple : anticiper les sujets relatifs aux évolutions dans le champ de l’université ; éclairer les décisions publiques, en particulier la stratégie mondiale des acteurs ; offrir un espace de dialogue ouvert à toutes les catégories d’acteurs et à toutes les nations pour discuter des enjeux de la réforme de l’université dans sa dimension internationale
C’est dans cet esprit que nous avons organisé, le 8-9 mars un séminaire international autour du thème : L’université en questions. Ce séminaire réalisé à Paris, a eu pour objectif de se pencher sur l’approche qualitative de la réforme de l’université. Nous pensons qu’aucune réforme réelle et profonde de l’université ne peut avoir lieu si la dimension qualitative n’est pas prise en compte. Purement quantitative, une réforme est une réforme mutilée car elle répond seulement à une vision unique ou unidimensionnelle des enjeux de l’université dans la société de demain.
Dans cette nouvelle formule, nous vous proposons trois rubriques : un entretien avec une personnalité de premier plan, un débat d’idée et l’état d’une expérience de changement en cours.
La rédaction |
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Entretien
avec Cristovam Buarque |
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Qu'est-ce
que cela signifie pour vous de participer au séminaire d'ORUS ?
Avoir l'opportunité de débattre avec des experts sur le rôle de l'Université, débat
fondamental pour le futur de celle-ci. Plus particulièrement, pouvoir discuter avec des
chercheurs qui ne sont pas représentatifs de l'Université, c'est-à-dire libérés du
lien corporatif.
Quelle perception avez vous de la démarche pratique d'ORUS en terme de réflexion
et de diffusion des expériences sur les réformes universitaires, prenant en compte les
réalités locales dans ses dimensions culturelles, politiques et sociales ?
ORUS rassemble à la fois la liberté de la pensée radicale, les compétences de ses
dirigeants et la libre-pensée, libérés du lien corporatif. Par ailleurs, l'influence
des réflexions d'Edgar Morin permet de saisir les limites des disciplines et penser
l'enseignement supérieur dans sa dimension globale, pluridisciplinaire.
ORUS : De quelle manière la réflexion d'ORUS peut être utile pour les
Institutions brésiliennes pour répondre aux défis auxquels les universités sont
confrontées dans le Brésil actuel ?
ORUS aide à penser l'Université dans le Monde entier. Mais au vu de la diversité des
civilisations contemporaines, il existe des difficultés pour penser une Institution si
différente d'un pays à l'autre du fait des inégalités existantes. Une des
particularités du Brésil est d'être un modèle de civilisation, pris entre modernités
et retards à l'intérieur de ses frontières, écarts représentatifs des inégalités au
niveau mondial. Par conséquent, ce que nous pensons pour les universités brésiliennes
peut servir à penser l'Université d'une manière plus adaptée à l'échelle mondiale,
et à ne plus penser en terme d'universités riches ou pauvres. La diversité sociale,
scientifique et technologique dans le Monde se répète au Brésil dans la diversité des
problèmes, des contradictions et de potentiel à l'unité mondiale.
Quelle est aujourd'hui votre vision de
l'Université et quels sont, selon vous, les principaux défis ?
L'université traverse aujourd'hui une crise par laquelle sont passés les couvents lors
de la période de pré-renaissance de la pensée classique en Europe Occidentale. Les
couvents n'étant pas capables d'absorber la révolution aristotélicienne, platonique et
socratique, l'Université a surgi afin de faire avancer la révolution intellectuelle.
Aujourd'hui, la pensée fait face à un changement radical et apparemment, l'Université
n'est plus capable d'accompagner les progrès de la connaissance à la même vitesse
qu'elle avance au sein de la société. Le défi de l'Université est d'évoluer au rythme
de la progression de la pensée dans le Monde.
Quelle est, selon vous, la mission de l'Université face à la construction d'une
conscience planétaire ?
D'abord, il s'agit de redéfinir les utopies nécessaires pour le Monde en remplaçant les
dimensions économiques par des dimensions civilisatrices, mettant en perspective pas
uniquement l'économie mais le « développement » et le « socialisme ». Cette utopie
peut être une unité civilisatrice dans un immense réseau d'êtres humains tous
connectés tant dans l'accès aux moyens d'information comme dans la capacité de dialogue
entre eux. Cette utopie désirée pourra seulement être réalisée au travers d'une
révolution de l'Education à tous les niveaux. Les auteurs de cette révolution ne seront
pas les usines comme pendant le socialisme. Ce seront les universités ou d'autres
institutions de création (production) post-universitaire.
Cristovam Buarque est Sénateur de la république du Brésil, ancien ministre de l'éducation du premier gouvernement de Lula. |
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"Luniversite
Du 21eme Siecle : Pour Un Nouveau Contrat Avec La Societe", par Pierre Calame |
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Un
nouveau contrat social entre l'Université et la société est nécessaire en ce début de
21ème siècle pour mettre les futures élites en situation de relever les gigantesques
défis qui seront ceux de l'humanité à l'orée de ce nouveau siècle.
Contexte:
L'humanité est confrontée à des mutations décisives. L'université, en raison même de
l'enjeu que représente la formation des cadres de la société de demain, a une
responsabilité considérable vis-à-vis de ces mutations. Or, les universités sont de
grands systèmes en évolution lente ; l'Université actuelle est l'héritière d'un
modèle mis au point il y a deux siècles. D'où l'importance d'un effort institutionnel
pour faire émerger un nouveau modèle, celui de l'université du 21ème siècle.
Enoncé :
1. La prospective de l'université : adaptation à
la « société à venir » ou engagement dans une société à faire advenir ?
2. L'université actuelle : héritière de celle du
19ème siècle (liens avec l'Etat et avec le développement des sciences et des
techniques), entraînée à la fin du 20ème siècle par des liens de plus en plus
étroits avec les besoins à court terme de l'économie, par la logique des entreprises et
par la reproduction d'un modèle managérial issu de l'entreprise
3. L'université actuelle participe directement aux
crises de nos sociétés ; sa crise rappelle celle de la gouvernance et de l'Etat :
approche cloisonnée et verticale des problèmes, difficulté à entrer en partenariat
authentique avec le reste de la société
4. Comme la science, l'Université repose sur un
contrat, explicite ou implicite avec la société. Ce contrat social doit être
aujourd'hui refondé, à partir d'une éthique commune de la responsabilité et à partir
des défis que doit relever l'humanité et à partir des mutations à conduire au cours
des prochaines décennies.
5. Dans université, il y a « communauté ».
L'université du 21ème siècle doit être attentive à l'universel mais pas sous la forme
d'une vérité assénée partout et souvent hors contexte, plutôt sous la forme d'une
contribution à la construction d'une communauté mondiale.
6. La transformation des grandes institutions,
comme l'université, est très lente. La stratégie de changement doit reposer sur une
vision d'avenir très claire et être conduite avec persévérance. Les impulsions
politiques doivent venir du plus haut niveau mais il faut aussi s'appuyer sur les «
chercheurs de sens » et les aider à relier leurs institutions.
Pierre Calame, est directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour
le progrès de l'homme.
Pour plus d'informations, veuillez consulter l' exposé de la conférence internationale
de Brasilia « Université du 21ème siècle » par M. Pierre Calame, disponible dans le
site web de ORUS http://www.orus-int.org |
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Activités
d' Orus Int. |
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Un des partenaires
d'ORUS en Amérique Latine est l'Institut Universitaire CLAEH de Montevideo en Uruguay .
La coopération d'ORUS avec l'Institut vise à renforcer l'approche universitaire
humaniste, à construire des modèles de gestion universitaires cohérents avec ce mode de
pensée et à apporter une expérience utile dans le débat international sur les
références universitaires promus par le réseau ORUS.
Ce partenariat vise aussi à élaborer un cadre
référentiel pour constituer une base épistémologique et théorique sur la mission de
l'Université dans nos sociétés et en particulier en ce qui concerne l'Institut
universitaire CLAEH, tant au niveau national qu'international. Pour atteindre ces
objectifs, ORUS soutient l'Institut dans le développement d'activités visant la
promotion de la réflexion et de débats sur divers aspects de la vie universitaire autour
de thèmes tels que l'éthique, la pertinence théorique et sociale de la connaissance, la
qualité de ses productions et l'efficacité dans la gestion universitaire. Ce partenariat
a permis de systématiser le processus de renforcement et de transformation
institutionnelle à travers des registres d'analyse qui valorisent la propre expérience
de l'Institut et qui s'inspirent de la base de données d'ORUS.
Parmi les activités réalisées, il est important de mentionner l'élaboration d'un
document sur le contexte actuel du débat concernant les transformations universitaires
comme composante descriptive sur la situation et la projection de l'Institut d'études
universitaires ainsi qu'une approche méthodologique sur les étapes à être appliquées
au sein du projet et dans son évaluation. Le projet a permis aussi la sensibilisation et
l'implication de quelques organisations qui interviennent dans ce domaine telles que
l'Organisations des Etats Américains, l'Organisation des Etats Ibéro-américains pour la
Science, l'Education et la Culture, l'UNESCO, etc. Par ailleurs, on peut noter une forte
implication dans le domaine de la formation universitaire à travers :
A. Un cycle d'ateliers sur divers
thèmes tels que :
Un atelier sur la prospective universitaire animé par le Professeur Elimar
Nascimento (Université de Brasilia, ORUS-INT), les 25 et 26 Juillet 2006.
Un atelier sur « l'Education supérieure et la Société de la Connaissance »
animé par la Dr. Monica Luque (OEA), les 6 et 7 septembre 2006.
Un atelier sur la « Coopération internationale universitaire » animé par
Gabriela Siufi, le 1er novembre 2006.
Un atelier sur la « Gestion de la qualité éducative » animé par Ricardo Chiesa
et Alfredo Minchilli, le 28 novembre 2006, les 5 et 8 décembre 2006 et le 5 mars 2007.
B. Des réunions et des débats
internes sur les résultats des ateliers.
C. L'élaboration de stratégies et
la conception de plans de transformation institutionnelle.
D. La constitution d'équipes de
travail sur les thèmes identifiés dans les ateliers et nécessaires pour la projection
stratégique de l'Institut universitaire CLAEH :
L'état de l'Education supérieure en Uruguay (chiffres et tendances).
L'internationalisation de l'Education supérieure (conditions, besoins,
opportunités et difficultés).
La contribution à l'implantation institutionnelle d'un département de
Coopération internationale.
La méthodologie d'identification et de résolution des opportunités en matière
d'amélioration de gestion.
E. Un cycle de conférences ouvert
à la communauté académique et aux intervenants sociaux et politiques :
Prospective de l'Education supérieure à partir d'une vision globale d'ici à
2025.
Education supérieure et Société de la connaissance, Monica Luque, le 7 septembre
2006.
Pour plus d'informations, veuillez consulter: http://www.claeh.org.uy
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